



CAROLINE SOPHROLOGIE ET RESILIENCE
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C'est l'histoire d'un souffle....
Je vous propose découvrir mon aventure avec Dylan (prénom d'emprunt*), jeune autiste sévère autiste non verbal qui aimait courir....
Dylan dit Dydy

Dylan* est arrivé de l'IMP à l'IMPro début d'année 2022.
Son Projet Educatif Individualisé est ancien basé sur les évaluations réalisées en 2019 (ABLLS et AFLS).
Selon le rapport de l'ergothérapeute de l'IMP, il est hyposensible (sensoriel, proprioceptif et vestibulaire) avec une hypertonicité.
Le bilan de l'ergothérapeute et de la psychologue de l'IMP indique qu'il aime apprendre et qu'il a une bonne connaissance de son schéma corporel.
Dylan a parfois des troubles du comportement qui se manifeste par des coups de plus en plus forts sur le bras de son aidant. le stimulus discriminatif n'est pas encore identifié précisément et est en cours de cotation ABA.
L'identification du besoin (facteur)

Observations ( équipe pluridisciplinaire et familles):
- Dylan bouge dès son arrivée à l'IMPRO, sautant sur place, se déplaçant en dribblant de pièce en pièce avec une balle. Il ne reste pas dans la salle commune assis avec les autres.
- Il demande tous les jours (3-4 fois) d'aller en sport, en vocalisant ou en utilisant sa tablette PECS.
- En échangeant avec Mme G. éducatrice sportive, il apparait que Dylan ne modifie pas sa respiration lorsqu'il court, ce qui réduit son temps de course.
- Il est plus disponible au retour du sport pour les apprentissages.
- Il ne sait pas s'occuper seul en dehors du jeu avec une balle.
L'intentionnalité

L'intentionnalité de mon intervention est triple:
- un intérêt prophylactique (préservation de la santé)
- une bonne oxygénation pour préserver sa santé, et au-delà disposer de plus d'énergie et de vitalité.
- une mobilisation plus efficace de la respiration pour notamment diminuer les manifestations d'une émotion, ou encore accroître les performances sportives.
Un peu de technique et beaucoup de préparation

Objectif de l'intervention: enseignement d'une compétence (technique du souffle prolongé) afin de lui permettre de développer des moyens pour canaliser ses gestes et revenir au calme.
Enseignement dans le cadre d'un environnement TEACCH selon la procédure ABA.
Les étapes:
- pairing
- définir l'objectif
- définir les renforçateurs
- Vérifier le réceptif "souffle"
- quantifier la durée initiale du souffle
- identifier les opérants verbaux
- définir le cadre d'intervention
- Prévoir les étapes
- Prévoir l'estompage de la guidance
- Vérifier la généralisation
Disponibilité, l'attention conjointe et motivation du jeune sont des variables prises en compte.
Les interventions

Après plusieurs périodes de pairing, nous commençons par évaluer la durée de souffle initial de Dylan avec guidance verbal: 1 à 2 secondes en marchant, idem en courant sur 50m.
Après 5 semaines, à raison de 3 séances par semaine de 45 mn (incluant les temps de pairing et de renforçateur), Dylan souffle 5 secondes seul avec ou sans guidance, y compris en courant.
Il réussit à modifier de lui-même sa respiration en courant (sans guidance) plusieurs fois. Il arrive désormais à courir 150m sans s'arrêter.
La pratique a été généralisée avec son éducatrice sportive et un moniteur éducateur.
Les bénéfices

En utilisant les grilles de cotations ABA, nous (l'équipe et moi-même) avons pu constater:
- une meilleure disponibilité de Dylan après sa séance de sport où il peut se dépenser plus longtemps;
- la guidance "souffle" est aussi utilisée en cas de trouble du comportement comme distracteur et comme aide à la régulation des émotions trop vives;
- une meilleure performance sportive avec une augmentation significative de son temps de course.
- des demandes régulières de Dylan pour reproduire l'exercice du souffle prolongé. (renforçateur intrinsèque)
Même les autistes savent respirer!
Je suis volontairement ironique en écrivant cette phrase.
Le trouble du spectre autistique est encore mal connu en France, et les idées préconçues et les préjugés vont bon train. Il est parfaitement possible d'enseigner des compétences à la plupart des personnes TSA au même titre que les autres personnes.
Le sophrologue utilise plusieurs techniques pour accompagner la personne en fonction des besoins établis ensemble.
Le facteur premier est la respiration.
La pratique d'une sophrologie adaptée aux besoins de Dylan lui ont permis de développer son souffle, développer son autonomie dans cette pratique, améliorer sa respiration pendant l'effort et l'aide avec guidance (pour le moment) à gérer les sensations vives des émotions que l'on peut supposer désagréables pour lui.

